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Date de Sortie: 6 Novembre 2007
Date d'enregistrement: 2007
Durée: 58 minutes 44 secondes
Label: Roc-A-Fella/Island Def Jam
Désormais revenu de l’immortalité, qu’est-ce Jay-Z pourrait dire qu’il n’avait pas encore dit ? Eh bien, rien d’inédit… Alors, il revient sur ses pas et jette un nouveau regard, plus désabusé que jamais, sur ses années de dealer dans le Brooklyn du début des années 90. Pratique, l’alibi du film American Gangster de Ridley Scott lui permet de se replonger dans son passé sans avoir l’air de bégayer. Mais en réalité, derrière ce prétexte, l’album est surtout le témoignage hésitant d’un multimillionnaire qui souhaite se prouver qu’il est encore un artiste.
1. Intro
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2. Pray (prod. The Hitmen) ★★★★
On peut y retouver quelques additional vocals de Mrs Jay-Z, Beyoncé, et une ambiance angoissante digne des bons films des années 80 sur la mafia.
3. American Dreamin' (prod. The Hitmen) ★★★★
Une petite touche de soulful sur ce morceau qui est vibrant. Jay-Z lui-même paraît plus désemparé que jamais par le trouble de son identité : est-il un ex-dealer qui rappe, un rappeur patron de label ou juste un gars du ghetto un peu veinard ? Cherchant la réponse, il se contredit, hésite, revient sur ses rimes.
4. Hello Brooklyn 2.0 (feat. Lil Wayne) (prod. Bigg D) ★★★★★
Ce titre sort un peu de l'ambiance de l'album pour entrer dans quelque chose de plus synthétique. Malgré ce que peuvent dire certains, Lil Wayne pose un bon couplet et vient compléter une bien bonne track. Bre, un titre qu'on a vite fait d'interpréter comme une passation de pouvoir.
5. No Hook (prod. The Hitmen) ★★★★
Maintenant placce à un morceaux froid et pluvieux où il donne dans la mauvaise foi . C'est un titre à l'atmosphère inquiétante qui donne envie de lever le point en l'air et de nod the head.
6. Roc Boys (And the Winner Is...) (prod. The Hitmen) ★★★★
Remuant single de la part de Jay-Z avec son ambiance jazzy. Pour la première fois chez lui, les justifications morales se mêlent aux tourments artistiques, le triomphalisme n’est que de façade.
7. Sweet (prod. The Hitmen) ★★★★
Morceau typé blaxploitation, un peu trop lisse qui est
quand même très agréable à écouter.
8. I Know (feat. Pharrell) (prod. The Neptunes) ★★★★★
Morceaux assez planant où il se personnifie en « Blue Magic » et se compare avec l'amour. C'est assez intelligent, et technique comme chanson.
9. Party Life (prod. The Hitmen) ★★★★
Chanson super « fly », aussi propre que cet album un peu trop léché, trop lissé pour pouvoir flirter avec l'âme véritable de la vraie "soul".
10. Ignorant Shit (feat. Beanie Sigel) (prod. Just Blaze) ★★★★
Jay-Z met ses habits de magnat propre sur lui pour défendre le rap face à ses détracteurs, on ne le sent pas très concerné par le sujet. Jay-Z délivre un rap aussi atypique que difficilement décryptable.
11. Say Hello (prod. DJ Toomp) ★★★★
Titre qui illustre clairement le délire d' « American Gangster », qur lequel il se fait défenseur des mauvais garçons. Mais ce sont justement ces errances qui donnent tout leur intérêt à ce titre.
12. Success (feat. Nas) (prod. No I.D.) ★★★★★
Maintenant place a ce grandiloquent featuring, durant lequel il s’amuse une nouvelle fois à broyer l’égo de Nas. Le bonheur tient autant à des grandes joies qu'à des petits plaisirs…
13. Fallin' (feat. Bilal) (prod. Jermaine Dupri) ★★★★★
Grand concours de nonchalance surjouée, qui lui permet pour une fois de laisser son flow lui dicter
ses paroles.
14. Blue Magic (feat. Pharrell) (prod. The Neptunes) ★★★★
Jay-Z a en tout cas vu juste en l'expédiant en bonus track. Car, dans American Gangster, les démonstrations de toute puissance et l’ironie glaçante n’ont pas cours.
15. American Gangster (prod. Just Blaze) ★★★★
Loin des caisses qui claquent et des grosses boucles orgueilleuses, elle donne dans l’humilité et l’économie de moyens, mettant en valeur cette fragilité inhabituelle dans la voix de Shawn Carter.
Il n'y a pas à dire, quand Jay-Z décide d'aborder un thème qui lui est cher, à savoir le gangstérisme, il le fait comme personne d'autre, et cela donne du grand art. Comme toujours son flow est très au point et permet de faire mouche. Mais le parallèle est presque trop facile entre le personnage joué par Denzel Washington et Shawn Carter. Tous les deux sont partis de rien et arrivés à tout, à la différence près que Def Jam n'est pas une entreprise de distribution de cocaïne et que Jay fait beaucoup d'argent…"propre". Poutant. Hésitant entre plusieurs directions contradictoires, le tracklisting de « American Gangster » reflète bien les thèmes abordés dans les textes, avec cette incertitude sur les chemins à emprunter ou cette façon de se réfugier dans ses souvenirs, comme s’il n’y avait que la mort droit devant. Et comme si l’album n’était finalement que l’exploration à mots couverts d’un sujet jusque-là jamais traité dans le rap : la crise de la quarantaine. Un album incontournable et indispensable.
Note: ★★★★★
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