Mardi 2 mai 2006 2 02 /05 /Mai /2006 16:31
mobbdeepbloodmoneyfront5fhDate de Sortie: 2 Mai 2006

Date d'enregistrement: 2005 / 2006

Durée: 59 minutes 56 secondes

Label: Interscope, G-Unit
 













  Aux États-Unis, on appelle ça le momentum. La force d'une tendance, le laps de temps propice à la réussite. En signant avec G-Unit fin 2005, Mobb Deep espérait sans doute être au diapason de ce momentum. Après tout, 50 Cent et ses sbires sortaient d'une série de succès insolents. Le dernier coup d'échec de Curtis Jackson avait alors été de recruter trois entités symboliques du rap new-yorkais : les mastodontes de MOP, l'ex-méga-star Ma$e et donc, Prodigy et Havoc, incarnations estampillées Queensbridge d'un rap armé jusqu'aux dents. Peut-on leur en vouloir d'avoir signé dans une maison contestée, souvent détestée, mais qui pour autant est synonyme de réussite alors qu'aucune autre possibilité venait à eux? Certains voient bien sûr la chose d'un oeil méfiant, pensant tout de suite qu'ils étaient plus attiré par l'appât du gain qu'autre chose. Bien sûr qu'ils l'ont été et qui ne le serait pas! Un label qui leur apporte sur un plateau la possibilité de sortir un disque, de l'argent et une côte de popularité médiatique qui leur fera une bonne promotion, ils auraient été bêtes de passer à côté de ça... Cependant le plus important est la musique et il reste à savoir quels seraient leur mot à dire sur la tenue de « Blood Money », car il y a toujours certaines contraintes à respecter.


1. Smoke It (prod. Havoc) ★★★

Petite mise en bouche qui de part ses trompettes et percussions nous ouvre agréablment bien le bal d'un CD attendu de tous.


2. Put Em in Their Place (prod. Sha Money XL)
★★★

Un son lourd lourd lourd , aux lyrics certes pas recherchés mais explicitement faits pour choquer et annoncer la couleur de leurs ambitions (se faire un maximum d'argent peu importe la manière pour y arriver). Une chanson vraiment à part dans l'album.


3. Stole Something (feat. Lloyd Banks) (prod. Havoc)
★★★

Une ambiance planante et intriguante s'en dégage où vient se mêler un G Soldier. La texture musicale du groupe à certes nettement changé mais on ressent toujours le côté obscur propre et unique au groupe, qui nous emmène dans des univers variés et tout aussi étonnant les uns que les autres.


4. Creep (feat. 50 Cent) (prod. Havoc)
★★

Production particulière qui va crescendo-decrescendo avec une boucle digne d'un numéro de cirque certes trop courte et répititive mais qui amène le groupe à explorer d'autres horizons.


5. Speakin' So Freely (prod. Havoc)
★★★

Pour définitivement montrer qu'ils ont toujours l'art de créer des ambiances malfaisantes et noircies de mélancolie, ce titre convaincra mieux les connaisseurs.


6. Backstage Pass (feat. 50 Cent) (prod. K-Lassik Beats)
★★★

Histoire de satisfaire leur fan, il enchaîne avec un banger bien sombre dont seul les Mobb Deep ont le secret.


7. Give It to Me (feat.Young Buck) (prod. Profile)
★★★★

Morceau qui se dégage également bien de ce disque, avec un Young Buck toujours aussi énergique, le second single imparable qui fait mouche le tout sur un sample hindou


8. Click Click (prod. Tony Yayo) (prod. Havoc)
★★★

Avec le succès déjà acquis depuis longtemps le groupe a bien évidemment des discours différents depuis, mais reste toujours dans les même thèmes comme les femmes, le quartier, l'argent et business en tout genre (dont il est maintes fois question comme le présume bien la pochette), et qui deviennent assez ridicules quand Yayo s'y met.

 

Sans titre 10

9. Pearly Gates (feat. 50 Cent) (prod. Exile) ★★★

Dieu Lui-Même en prend pour son grade sur ce titre, où Prodigy promet d'aller mettre une raclée à son Fils dès qu'il franchira les portes du paradis. Le passage est censuré pour s'éviter les foudres des puritains.


10. Capital P, Capital H (prod. Product & Whitton)
★★★

Pour vous prouver qu'ils n'ont pas perdu la main côté écriture, il suffit d'écoute ce morceau, qui joue sur les lettres majuscules comme vous avez pu le deviner.


11. Daydreamin' (prod. Chad Beats)
★★★

Encore un morceau mélancolique à l'ambiance malfaisante. Étonnants de nonchalance.


12. The Infamous (feat. 50 Cent) (prod. The Alchemist)
★★★★

On retrouve encore une fois 50 Cent, sur la seule production de Alchemist qui utilise un beat maintes et maintes fois repris. Un 'street anthem' qui manque beaucoup trop encore d'énergie et de peps.


13. In Love With the Moula (prod. JR. Rotem)
★★★★

Morceau adoucissant les tympans avec ses touches de piano, qui est un moment fort de l'album.


14. It's Alright (feat. 50 Cent & Mary J. Blige) (prod. Havoc)
★★★★

Comme convenu aucune collaboration extérieure à la clique, sauf la présence de la douce voix de Mary J Blige sur l'un des meilleurs morceaux de l'album, plus frais qu'un Tic Tac. Et si le beat d'Havoc vous est peut-être connu, c'est tout simplement parce qu'Alchemist a utilisé le même sample du groupe Side Effects sur le morceau 'Tick Tock'.


15. Have a Party (prod. 50 Cent & Nate Dogg) (prod. Fredwreck Nassar)
★★★★

Autre bon morceau avec la participation de Nate Dogg sur une production du vieux loup de mer de la Westcoast, Fredwreck, que l'on a déjà pu entendre sur la BO du film de 50.


16. Outta Control (Remix) (prod. 50 Cent) (prod. Dr. Dre) ★★★★

Un tube teinté mi-west mi-east, qui ne laisse personne indifférent et qui présage d'un sceau avisé le retour en force de Mobb Deep. Un 'club banger' de dingue et qui met le feu.


On pourrait penser que le relatif insuccès de « Blood Money » est d'abord du à un problème d'image (grosso modo, le reality rap de Mobb Deep transformé par 50 Cent en fantasme grand public). Après tout, sur le disque, l'arrogance agressive qui a fait la marque de Mobb Deep paraît intacte, Havoc a toujours le sens des instrumentaux livides, et Prodigy livre même l'un de ses couplets les plus outrageants. Mais chaque tentative du groupe d'affirmer son force de frappe est désamorcée par l'impression persistante que « Blood Money » est avant tout sa journée d'intégration dans le camp G-Unit. A lui seul, 50 Cent n'occupe pas un, mais six titres tandis que les seconds couteaux ont tous droit à leur invitation personnelle. Le genre de tutelle envisageable pour un rappeur débutant mais un peu embarrassante pour un duo d'expérience qui figure parmi les images d'Épinal du rap new-yorkais. La direction du projet n'arrange rien. Si Prodigy et Havoc ont prouvé par le passé qu'ils pouvaient faire dans la séduction je-m'en-foutiste sans maquiller leur violence froide, « Blood Money » baigne dans une aura de certitude mal placée, comme si on avait déjà remis au duo un disque de platine avant même qu'un seul titre soit enregistré. Résultat : avec une chaîne G-Unit autour du cou, Prodigy et Havoc semblent condamner à revivre éternellement la même soirée en club, dans le même coin VIP vec les mêmes groupies. Pas le meilleur albumdu groupe, mais certainement pas le plus mauvais. Welcome back, donc...

 

Beats:     Lyrics:   ★★★★      Originalité:

 

Note: ★★★

 

Sans titre 11

Par Playboy_X - Publié dans : Chronique
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