Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 15:58

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Date de Sortie: 18 Mai 2010

Date d'enregistrement: 2008/2010

Durée: 61 minutes 48 secondes

Label: Def Jam, Universal Republic











 

 L’un vient du Queens, New-York, c’est un des meilleurs MCs de sa génération, le fils du musicien de blues Olu Dara Jones, le second est né à Kingston, Jamaïque, c’est le plus jeune fils de la Légende Bob Marley et il a insufflé le renouveau de la musique Reggae. Entré dans la légende avec le classique « Illmatic » en 1994, Nas a ensuite eu une carrière en dent de scie, alternant le bon avec le moins bon. Aujourd'hui, le rappeur surdoué mêle son flow à la diction raggamuffin de Damian Marley et nous a concocté un disque crossover reggae/hip-hop. Plus que la musique, ils partagent un ancêtre commun apparu quelque part en Afrique, berceau de l’humanité et thème au coeur de « Distant Relatives », le fruit de cette union sacrée. Une combinaison inédite sur tout un album, l’alliance du reggae hardcore made in Kingstona vec le rap lyrique du rimeur d’élite venu de Queensbridge. L’affiche est alléchante et le voilà donc enfin, cet album tant attendu. Maintes fois repoussé (il était initialement prévu en 2009), l'attente croissait à mesure de la hantise, de la déception. Mais avant tout, cette rencontre au sommet se veut plus grand que le hip-hop et le reggae réunis, mue par cette volonté affichée de vouloir faire changer les choses. Donc finalement la question est simple, le résultat est-il à la hauteur des espoirs que l’on peut placer sur le projet ?

 

1. As We Enter (prod. Damian Marley)  

On attaque l'album en fanfare sur un riddim hip-hop up-tempo, qui remet au goût du jour la musique de Mulatu Astatke, où les des deux artistes mêlent habillement lyrics, punchlines et passe-passe verbal.


2. Tribes At War (feat. K’Naan) (prod. Damian Marley)  

On entre dans le vif du sujet, avec cette reprise urbaine de "Tribal War" (Little Roy) où nous trois protagoniste, accompagnaient de xylophones et de percussions, donne un message positive et d'espoir au monde. (« Every man deserve to earn/ And every child deserver to learn/ Everyman deserve a turn »)


3. Strong Will Continue (prod. Damian Marley)  

Pièce grandiose où les deux artistes posent avec leur tripes, on sent que ce dont ils parlent leur tient à coeur, et puis les deux couplets du prodige du Queens sont juste hallucinants, un enchaînement dans un style mélancolique où Damian déploie sa voix à merveille !


4. Leaders (feat. Stephen Marley) (prod. Stephen Marley)  
   

Nas et Damian n’ont pas seulement les yeux tournés vers le passé pour comprendre leurs origines, leur regard se porte sur l’avenir avec ce morceau qui ne s’adresse pas qu’aux peuples mais à leurs dirigeants.


5. Friends (prod. Damian Marley)
      

Un titre aux sonorités africaines, où ils donnent leurs conseils pour vivre une réelle fraternité. Ca paraît pourtant si simple mais c’est tellement important. Un vrai délice.


6. Count Your Blessings (prod. Damian Marley)  

Plus léger musicalement, dans un style plus latino mais toujours admirablement produit aux airs FM, nous rappelle qu'on n'est pas les plus mal en nous faisont pensé à nos petits bonheur que l’on possède sans y penser.

 

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7. Dispear (prod. Damian Marley)

   Titre dancehall, où Nas speed son flow pour le allié parfaitement à l'instru très africaines. Un peu plus faible que les titres précédents sans pour autant rejetté la qualité.


8. Land of Promise (feat. Dennis Brown) (prod. Damian Marley)

Titre reggae-dub, dont le texte imagine « si l'Afrique était les USA : alors le Ghana serait la Californie, Johannesburg Miami, et New York serait en Somalie… »


9. In His Own Words (feat. Stephen Marley) (prod. Stephen Marley)

Hymne dédié Jah et son univers mystique.Sur ce morceau la prestation de Nas est remarquable, tout comme la performances des frères Marley. Le titre de l'album.


10. Nah Mean (prod. Damian Marley)

Titre trouvant son originalité dans les flows croisés, et gimmicks aux sérieux. Titre rappelant l'intro, extrêmement révélatreur de leur relation.


11. Patience (prod. Damian Marley)

Sur un rythme hypnotique d'Amadou & Mariam, où les flows successifs de Damian Marley et Nas exploitent à merveille la rythmique lancinante gagne en spiritualité avec ces samples de chants. Sublime.


12. My Generation (feat. Lil Wayne) (prod. Damian Marley)

Un titre humaniste motivant où la puissante voix de Joss Stone accompagne un choeur d’enfant, et Lil Wayne (oui oui vous avez bien lu) se hisse à la hauteur des attendes en atomissant le beat. On oublirait presque Damian & Nas, si ils n'étaient pas aussi superbes.


13. Africa Must Wake Up (feat. K’Naan) (prod. Damian Marley)

Nas termine, en toute humilité, par un discours passant outre les cultures et les religions. Le duo boucle la boucle d'un superbe album qui restera dans les mémoires.

 

Lorsque le rappeur le plus doué des 90's rencontre le fils de Bob Marley, ça abouti forcément sur une substance explosive. Mais soyons clair: ce n'est pas avec cet album que les deux zigues changeront leurs images respectives. L’Afrique est au centre de la musique de ect album, dans les sonorités elles-mêmes bien sûr, mais dans les paroles aussi, et on ne compte plus les chansons qui parlent d’une façon ou d’une autre, de près ou de loin, du continent africain. Si effectivement, les prods sont très orientées raggae, elles semblent aménagées pour que Nas y trouve pleinement sa place. Et c'est ça qui est fort. Chacun reste dans son domaine de prédilection sans empiéter sur le territoire de l'autre. Damian n'essaye pas de rapper, Nas de toaster. Au niveau niveau des textes, l'amalgame est réussi puisque c'est l'espoir qui domine le disque avec une mention pour l'Afrique. Mais les thématiques des textes de Nas et Damian ne se limitent pas à ça. Redonnant leurs lettres de noblesse à leurs musiques respectives, ils rappellent que le reggae et le hip-hop étaient avant tout des musiques engagées. Sans jamais tomber dans le prêchi-prêcha, ni prétendre donner de leçons, ils diffusent un message positif, intelligent, qu’on voudrait émancipant Au delà de la dimension culturelle et de cette nécessité de véhiculer un message d’espoir pour notre espèce , il y a aussi ces sujets autour de la religion, philosophiques, que les deux cousins éloignés questionnent sur quelques titres. Si mélange aurait pu être indigeste, il est finalement réussi et rap et raggae se marient vraiment bien. De la bonne musique, avec un message essentiel clair: « N'oubliez pas vos racines... ».

 

Beats:     Lyrics:      Originalité:


Note: ★★

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Par Playboy_X - Publié dans : Chronique
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