Partager l'article ! Malice N Wonderland, Snoop Dogg: Date de Sortie: 8 Décembre 2009 Date d'enregistrement: 2009 Durée: 53 minu ...
Date de Sortie: 8 Décembre 2009
Date d'enregistrement: 2009
Durée: 53 minutes 59 secondes
Label: Priority, Doggystyle
Dix ! Dix comme le nombre d'album dans la discographie, plus que inégale, de Big Snoop Dogg, Snoop Doggy Dogg, Snoop Dogg . Le chien de Long Beach a toujours su retomber sur ses pattes malgré le fait d'avoir fait certains grands écarts en changeant de niche (Death Row --> No Limit --> Capitol --> Geffen). Mais pour cette dixième édition, le changement est encore plus fort car il est placé sous le signe de l'indépendance, uniquement guidé par sa propre structure Doggystyle Records et la distribution de Priority dont il arbore fièrement le costume de directeur artistique. Quand on s'appelle Snopp Dogg et que l'on lance son dixième album, on peut tout se permettre. D'une part parce qu'une longévité et surtout une productivité aussi importante sont assez rares dans le rap,mais surtout parce que le chien de Long Beach n'a absolument plus rien à prouve. Il à déjà tout fait. Mais ce dixième album signe t'il l'adieu du Snoop Dogg gangsta, et le bonjour du Snoop Dogg marié avec trois enfants ? Le chien errant des rues de Long Beach a-t-il drôlement été dressé depuis qu’il vit paisiblement en banlieue huppée?
1. Intro
/
2. I Wanna Rock (prod. Scoop DeVille) ★★★★
Un morceau ‘pour danser’ malgré un beat non-dancefloor à la composition lourde, avec de grosses basses. Un titre qui dévoile Snoop Dogg
tel une Rock Star, intouchable, avec une grosse réputation et qui renoue avec ces titres qui nous invitent à scander son blaze mondialement connu. 'Banger' efficace malgré le vide du contenu
textuel.
3. 2 Minute Warning (prod. Terrace Martin) ★★
Le panneau « attention chien méchant » est obsolète, le beat est un peu discret, Snoop aboie mollement et la chanson coupe avant 120 secondes. Snoop fait tout
de même une démonstration de flow sur ce titre au style dépouillé.
4. 1800 (feat. Lil Jon) (prod. Lil
Jon) ★★
On
le croyait disparu de la circulation, le représentant du crunk Lil' Jon ressurgit de nulle part pour délivrer un petit club banger qu'on faisait en 2005. Là encore c’est très léger comme
connexion.
5. Different Languages (feat. Jazmine Sullivan) (prod. Teddy Riley & Scoop DeVille) ★★★
Sur une prod très mélodique et harmonique, Snoop propose une track propre et carrée encore consacrée à la gente féminine où il parle
notamment de sa relation avec sa bien aimé.
6. Gangsta Luv (feat. The-Dream) (prod. Christopher "Tricky" Stewart ) ★★★
Chanson soft pour chiennes toilettées où notre toutou californien balance du cliché. Pas de mauvaises langues, donc on dira que sa fait bouger la tête mais rien de plus
avec son refrain accrocheur, bref une réussite commerciale.
7. Pronto (feat. Soulja Boy) (prod. B Don)
★★★★
La séquence autotune de rigueur est trouvable sur ce morceau
électro avec Soulja Boy qui fait mumuse avec le vocoder, et qui est doubé comme un « neveu » par le parrain de la West Coast. Snoop sort le genre de couplet qu’il fournit dans un
featuring juste pour dire qu’il représente tandis que Soulja Boy s’y croit un peu trop.
8. That's Tha Homie (prod. Danja) ★★★
Morceau très cinématique, agrémenté de la voix transformée de Timbaland au refrain, avec son up-tempo démoniaque. Dans la continuité des sons pour bouger.
9. Upside Down (feat. Problem & Nipsey Hussle) (prod. Terrace Martin) ★★
Copie de "Drop It like It's Hot" avec une
instru très minimaliste, malgré la bonne complicité de Nipsey Hussle et Problem, les deux rookies westcoast à surveiller dans les mois qui viennent, le titre reste assez
fade.
10. Secrets (feat. Kokane) (prod. Battlecat) ★★★★
Il semblerait que Snoop veut faire revivre de
ses cendres le G-Funk, en tout cas c'est hyper funky et réussit. Même si ce n'est pas l'extase, on est ravi de constater que Snoop Dogg est toujours capable de faire appel à de vieilles
connaissances et de garder cette bonne alchimie ensoleillé.
11. Pimpin Ain't EZ (feat. R. Kelly) (prod. Nottz) ★★★
Ils remettent une couche sensuelle et tentent
d'avoir le même effet que leur tube "Thats' That Shit", sur ce morceau à moitié soulful où ils parlent de la dure vie des proxénètes .
12. Luv Drunk (feat. The-Dream) (prod. Christopher "Tricky" Stewart ) ★★★★
Encore l'œuvre de The-Dream, le petit prodige semble avoir
tapé dans l'œil du rappeur qui aime poser sa voix charmeuse sur ses douces mélodies. Ce morceau au final c'est comment passer du « Gin
& Juice » à la menthe à l’eau.
13. Special (feat. Brandy & Pharrell) (prod. The Neptunes) ★★★
Une ballade des Neptunes qui plaira aux fans de ce type de
morceau. Titre envoûtant qui clôt l'album d'une bien belle note avec les voix douces des invités.
14. Outro
/
Si « Ego Trippin' », son dernier album en date était festif, assez joyeux et innovant, « Malice N Wonderland » laisse songeur. A force de chercher à surfer sur les vagues qui fonctionnent en ce moment, R&B et South, Snoop se perd en chemin, oubliant tout ce qui a toujours fait sa force: savoir se démarquer des autres. Il n'y qu'à regarder la liste des invités pour se convaincre qu'il à fait fausse route. L'album navique entre le bon et le moyen, car l’homme n’a pas besoin de se forcer : son flow unique, sa couleur de voix sans pareille, la rythmique inhérente à son phrasé, alliés à des sonorités dans l’air du temps font passer la pilule, et autorisent de bons moments. Peu importe le thème ou l’angle choisi par Calvin Broadus, notre Snoop de combat, l’humour et la distance, la street credibility ne le quittent jamais et malgré les millions engrangés au fil des dix albums parus, c’est toujours le conteur attachant et le rappeur à la voix inimitable qui emportent le morceau, recréant à chaque fois une nouvelle Californie de rêve et de cauchemar selon les albums et le mood employé. Mais on a l’impression que le héros des séries télés favorites des enfants est en roue libre, et fait le minimum syndical pour alimenter sa légende et sa surface financière. Alors OK, enchaîner des tubes dancefloor, c'est bon pour le buisness, mais est-ce que c'est bon pour le rap ? Pas si sûr. Comme quoi, on peut s'appeler Snoop Dogg et encore essayer de ramasser de l'oseille plutôt que faire la musique dont on a vraiment envie. Ici, on rettouve un enchaînement plus ou moins réussi de titres sans lien entre eux, sans univers commun, sans atmosphère, le tout légèrement sucré et acidulé pour faire passer la pillule. Evidemment, tout n'est pas à jeter, car Snoop est un peu cynique, brillant à quelque moment, mais on est loin de la grande époque de « Doggystyle ».
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