Partager l'article ! Only Built 4 Cuban Linx, Pt II, Raekwon: Date de Sortie: 8 Septembre 2009 Date d'enregistrement: 2005 / 2009 Durée: ...
Date de Sortie: 8 Septembre 2009
Date d'enregistrement: 2005 / 2009
Durée: 70 minutes 52 secondes.
Label: Ice H2O / EMI
Annoncé depuis 2006, cet album a beaucoup fait parler de lui. On a même cru, à un moment, qu’il sortirait sur Aftermath avec Dr. Dre pour producteur exécutif. Puis, après bien des complications, des décalages et de multiples péripéties, Raekwon nous offre « Only Built 4 Cuban Linx, Pt II ». Donc nous voilà, presque 15 ans après « Only Built 4 Cuban Linx », et Rae remet le couvert, avec l’envie de prouver qu’à 39 piges, il est toujours le Chef. La pochette résume bien l’affaire. Violette, elle évoque directement la "Purple Tape", surnom donné à « Only Built 4 Cuban Linx » car il était sorti sous la forme d’une K7 de cette couleur, en référence au marquage coloré de la drogue par les parrains. Comme sur le volume I, Ghostface Killah, en éternel acolyte du Wu Tang, joue le second rôle de luxe : le fantôme reste dans l’ombre du Chef, en embuscade. Mais The Chef peut-il reproduire, quatorze plus tard, la magie de son classique de 1995 ?
1. Return of the North Star (feat. Papu Wu) (prod. BT)
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2. House of Flying Daggers (feat. Inspectah Deck, Ghostface Killah, Method Man & GZA) (prod. J. Dilla) ★★★★★
Il commence très, très, très fort, avec un beat agressif qui tabasse légué par Dilla et es experts en arts martiaux expérimentés : Johnny Blaze, Rollie Fingers, Tony Starks et Maximillion qui récite le chant guerrier du Wu transmis depuis le 2e millénaire. Des rimes qui se croisent, des violons tranchants comme des lames, de la violence à l’état pur. Cet assaut est le commencement de l’histoire, de petits récits qui se recoupent en fait. Brutal et saignant, une vrai claque.
3. Sonny's Missing (prod. Pete Rock) ★★★★
Dans cette track, Lex raconte de sang-froid un règlement de compte morbide comme il s'en passe tous les jours dans le monde, où la police débarque par surprise pour une descente, ça chauffe et ils butent Sonny de dos. L’ambiance devient tendue, très bien retranscrite par l’instru de Pete Rock. The Chef régalant ses fans avec ce récit aussi sordide que violent.
4. Pyrex Vision (prod. Marley Marl) ★★★
Retour dans la cuisine transformée en laboratoire improvisé. Pendant une minute, le Chef dévoile son secret pour concocter sa dope en ébullition, parfaitement mis en scène par Marley Marl.
5. Cold Outside (feat. Ghostface Killah & Suga Bang Bang) (prod. Icewater Productions) ★★★★
Une fois préparée, elle doit être dispatchée dans les ghettos new-yorkais, parfois dans des conditions rudes. Ici, ils narrent ces visions effroyables qui hantent les rues et que rencontrent le dealer. Avant on parlait de quartiers chauds, maintenant c’est l’inverse qui se produit.
6. Black Mozart (feat. Inspectah Deck, RZA & Tash Mahogany) (prod. RZA) ★★★★★
Ambiance mafieuse sur un air du parrain, les acteurs font leur bizness. L’orgue qui y est joué est mélancolique, des notes sans joies, grisantes, avec un supplément de guitare électrique pour allier blues et rock.
7. Gihad (feat. Ghostface Killah) (prod. Necro) ★★★★
Ambiance à la fois angélique et inquiétante ici. Tony lâche un verset de malade mental sur lequel il raconte comment il se tape la pute engrossée par son fils qui les surprend en pleine baise
8. New Wu (feat. Ghostface Killah & Method Man) (prod. RZA) ★★★★
Glacial et monumental, qui s'inspire par la trachée comme la fumée d'un blunt et qui voit l'apparition d'un autre ponte de la famille, Johnny Blaze. C'est sous des coups de pétards qu'est conçu ce nouvel hymne au Wu-Tang.
9. Penitentiary (feat. Ghostface Killah) (prod. BT) ★★★★
De manière peu scrupuleuse., on ressent la tension et la crainte qu’inspirent Tony et Lex sur un beat décrivant parfaitement ces moments de suspens.
10. Bangin' Crack (prod. Eric Sermon) ★★★★
Fidèle à son surnom, Raekwon « le Chef » s'y montre encore dans sa cuisine, en train de débiter sa came comme un
bûcheron.
11. Surgical Gloves (prod. The Alchemist) ★★★★★
Coup de flip glacial ! On reconnaît immédiatement la patte d’Alchemist sur cet instru instimidant. Raekwon pose son flow de velours dans un gant de latex, il ne laisse aucune trace derrière lui. C’est du travail de pro, de la vraie ‘crack music’.
12. Broken Safety (feat. Jadakiss & Styles P) (prod. Scram Jones) ★★★★
Rencontre avec Montega Jada et son frère Styles Pinero pour faire du business, se faire de la monnaie ensemble.
13. Canal Street (prod. Icewater Productions) ★★★★
Raekwon reprend ses droits dans les rues où les gens le réclamaient. La tension est à son comble, on croirait retourner dans les années 60 avec son beat menaçant.
14. Aason Jones (prod. J. Dilla) ★★★★
Pour la minute solenelle, il rend hommage à son ami Ol’ Dirty Bastard sur ce titre émouvant, d’autant plus émouvant qu’il pose ses condoléances sur un beat soulful de J Dilla, Dilla qui lui avait donné de main propre de son vivant.
15. Have Mercy (feat. Beanie Sigel & Blue Raspberry) (prod. Icewater Productions) ★★★★
Après le cimetière, la prison. Il y trouve Mack Mittens qui croupit entre six murs. Son témoignage de l’univers carcéral y est décrit avec une absolue justesse : comment s’occuper des enfants depuis le parloir ? Comment résister au temps qui passe et à la vie qui part quand les cheveux blancs apparaissent avec les années de détention ? Voilà les questions qui se bousculent dans la tête d’un taulard, Raekwon en rajoute une couche pour tuer le dernier brin d’espoir qui reste.
16. 10 Bricks (feat. Cappadonna & Ghostface Killah) (prod. J. Dilla)★★★★
Caractérisé par ces notes aïgues répétitives de guitares aux accents d’extrême orient et l’apparition de Cappachino aux côtés de Tony Starks. Ce morceau est redoutable au plus au point. Classique instantané, à la puissance à la fois mélancolique et guerrière, imparable.
17. Fat Lady Sings (prod. RZA)
RZA se montre peu inspiré. Sur cette petite introduction. La seule tâche du cd.
18. Catalina (feat. Lyfe Jennings) (prod. Dr. Dre) ★★★★★
Oui, Dr Dre, le docteur herboriste le plus connu de la planète, est présent sur cet album, comme promis. Si vous aviez douté de la parole de Raekwon, vous pouvez ramper. La musique est classique de Dre, le beat, les pianos et une pointe latino pour inover. Peut être le meilleur morceau de l'album.
19. We Will Rob You (feat. GZA, Masta Killa & Slick Rick) (prod. Allah Justice) ★★★★
Slick Rick s’inspire du fameux air de Queen pour ce braquage en règle, avec sur le siège arrière de la voiture Maximillion et Noodles. Rarement une formation comme le Wu parvenait à faire ressurgir les tripes de New-York.
20. About Me (feat. Busta Rhymes) (prod. Dr. Dre) ★★★★★
Une sorte de 'banger' à l'instru aux marmonnement bluesy en fond pour faire correspondre avec le style Wu. usta Rhymes, qui devait un temps être le producteur éxécutif de cet opus, sort son flow et des rimes tout droit de « The Big Bang ».
21. Mean Streets (feat. Inspectah Deck, Ghostface Killah & Suga Bang Bang) (prod. Allah Mathematics) ★★★
Raekwon est le maître des lieux dans les rues qui l’ont vu grandir, ils les fait parler. La mafia, la pègre c’est lui. Même ses ennemis se doivent de le respecter sous peine de crime de lèse-majesté.
22. Kiss the Ring (feat. Inspectah Deck & Masta Killa) (prod. Scram Jones) ★★★★★
Il rappe pour sa consécration, se proclamant prétendant au trône de King of NYC. Dur de lui arriver à la cheville, d'où ce final héroïque qui signe son retour victorieux.
23. Walk Wit Me (prod. Scram Jones) ★★★
On a l’impression que Raekwon marche dans la rue, à travers une brume froide et épaisse, comme si de rien n’était, dans ces ghettos hostiles et ces populations miséreuses.
Rares sont les suites toutes aussi bonnes ! Plein comme un œuf, chargé comme un Beretta 9, « Only Built 4 Cuban Linx, Pt II » se révèle aussi varié dans les étoffes, que structuré et cohérent dans l’esprit. Anti-autotune jusqu’au bout du surin, Raekwon et Ghostface reprennent leur panoplie gangster avec un panache certain. Dans le volume 1, les deux rappeurs racontaient leurs tentatives vaines pour se distancier avec le monde mafieux. Le II, est plus rétrospectif. C’est le regard de deux vieux parrains sur un passé auquel ils ne peuvent échapper complètement. Cette habile mise en abîme nous rappelle ce qui fait la force du rap gangsta à son meilleur : cette capacité à jouer sur plusieurs tableaux, à entremêler l'expérience de la rue avec la brutalité du show business. Dans le miroir de ses morceaux, les plaisirs violents des hustlers, leurs ascensions fulgurantes et leurs chutes spectaculaires sont autant de métaphores des incertitudes et des récompenses de la vie d'artiste, la revendication incessante du « Keep it real » n'étant là que pour brouiller davantage encore la frontière entre réalité, fiction et représentation. La grande originalité du Wu-Tang Clan aura été de rajouter à cet écheveau déjà complexe plusieurs strates supplémentaires de sens, en y injectant notamment l'ésotérisme des Five percenters, et leur propre mythologie cinématographique, Shaolin. Sans métaphores, cette suite la plus anticipée du rap game n’est pas une chimère : elle succède dignement et fidèlement le premier volet considéré par tous comme un classique eastcoast.
Note: ★★★★★
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