Mercredi 7 avril 2004 3 07 /04 /Avr /2004 10:23

Date de Sortie: 7 Décembre 2004

Date d'enregistrement: 2003 / 2004

Durée: 77 minutes 47 secondes

Label: Roc-A-Fella / Def Jam / Diplomats Records











 

 Prenez une paire de Timberland roses, un pendentif Diplomats en or blanc, un T-Shirt et un bandana customisé en "purple", ajoutez ici une dizaine de mixtapes, udes beefs, et encore quelques mixtapes. Et il en faut pas plus pour Cameron Giles pour tenir le haut du pavé du rap new-yorkais depuis la retraite de Jay-Z. Flamboyant ou ridicule. Génial ou médiocre. Fascinant ou ennuyeux. Avec Cam'ron, les avis sont tranchés. Et pourtant, force est de constater que Cameron Giles a réussi à se muer en une véritable icône. Richissime tycoon, dealeur de coin de rue ou gravure de mode drapée de violet, Killa Cam semble avoir kidnappé les fantasmes du folkore rap pour y modeler son univers. Pour certains, il est la honte du hip hop. Pour d'autres, il est un génie du surréalisme. Ses rimes tarabiscotées, faites d'allitérations frénétiques, d'onomatopées et de références obscures sont l'objet d'un culte (ou du rejet) sans commune mesure. Début décembre, le très sérieux New York Times a évoqué le phénomène. Son nouvel album, « Purple Haze » y était décrit comme un disque abstrait, aux "récits fracturés", presque expérimental.  Alors, Cam'ron : génie novateur ou rappeur kitsch ? Ecoutons.


1. Intro (prod. Skitzo)

On commence l'album sur un fond de guitare, où Cam'ron introduit sa vie et son album. Bref, c'est prenant et sa démarre bien l'album.


2. More Gangsta Music (feat. Juelz Santana) (prod. Heatmakerz)

Porté par un Juelz Santana monté sur ressort, qui, avec son charisme, fait de cette track un gros hit de rue. Bref, vous l'aurez compris il vole la vedette à Cam mais pour notre plus grand plaisir.


3. Get Down (prod. Chad Hamilton)

Excellent morceau bien imprégné de la marque 'Diplomats'. Bref, c'est toujours aussi plaisant et entraînant.


4. Welcome to Purple Haze (Skit)

/


5. Killa Cam (prod. Heatmakerz)

Du très ‘ego-trip’ mais excellent qui cassent quelque peu le rythme de cet opus. Malgré sa c'est plus que correcte.


6. Leave Me Alone, Pt. 2 (prod. Nasty Beat Makers)

Morceau aux sonorités new yorkaises fin de siècle, c'est dans l'air gangsta de Cam. Efficace.


7. Down and Out (feat. Kanye West & Syleena Johnson) (prod. Kanye West)

Cette charge épique remet les pendules à l'heure et rappelle qu'un producteur du calibre de West a la capacité de sublimer un morceau, du sample jusqu'au refrain.


8. Harlem Streets (prod. Ty-Tracks)

Chanson qui sort du lot, avec sa boucle tirée du générique de la série "Hill Street Blues". Les excentricités continuent donc, sur le meilleur morceau de l'album.


9. Rude Boy (Skit)

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10. Girls (prod. Mona Lisa) (prod. Charlemagne)

La mysoginie vertigineuse de Cam se ressent que ce genre de titres-pour-filles réglementaires. C'est agréable voir parfait dans ce genre.


11. I'm a Chicken Head (Skit)

/


12. Soap Opera (prod. Versatile)

Cam est au top de sa forme, se posant en vrai leader de son mouvement. Morceau reposant avec son sample de soul.


 



13. O.T. (Skit)

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14. Bubble Music (prod. Stay Getting Productions)

Utilisation explosive de samples reggae, on fast-forwarde, sur ce morceau. On appréciera, donc, sans problème ce son Reggae.


15. More Reasons (feat. Jaheim) (prod. Chad Hamilton)

Encore une fois un sample assez inhabituel genre soirée de l'ambassadeur. La classe!


16. The Block (Skit)

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17. The Dope Man (feat. Jim Jones) (prod. Bang)

Jimmy Jones le rejoint sur ce morceau au beat old school bien Eastcoast avec des synthés G Funk antédiluvien au refrain ! Reprise du morceau de N.W.A sur lequel Cam, redonne vie à ce morceau mythique


18. Family Ties (feat. Nicole Wray) (prod. Skitzo)

Encore un morceau énergétique pour son clan, Dip-Set. Morceau qui donne à l’album un style très théâtral.


19. Adrenaline (feat. Psycho Drama & Twista) (prod. Traxster)

Excellente reprise du 'Adrenaline Rush' de Twista sur ce morceau au influence, forcément, mid west.


20. Hey Lady (feat. Freekey Zeekey) (prod. Versatile)

Pour la drague, il suffira de lâcher ce moreau aux rimes plus cool et c'est dans la poche, quel séducteur ce Cameron Giles.


21. Shake (feat. JR. Writer) (prod. Self)

Son flow a quelque peu ralenti mais il le manie toujours à la perfection, et on peut toujours aussi lui reprocher de rester dans le même registre ou de trop utiliser de rimes a répétition, mais il excelle dans son style et ce morceau.


22. Get 'Em Girls (prod. JR. Writer) (prod. Skitzo)

LE titre emblèmatique de "Purple Haze". Sur une production tétanisante de Skitzo, à mi chemin entre Carmina Burana et un rite vaudou, Cam'ron entre en zone rouge. "When it's repping time, I get on extra grind, fried to fricassee, pepperseed to pepperdine, Jeff Hamilton, Genesis, leather time, bitches say I'm the man, I tell 'em nevermind". Incompréhensible ? Peut-être. Incroyable, sûrement.


23. Dip-Set Forever (prod. Kanye West)

Kanye revient avec ses samples soul, et sa refait terreur. Cam’ron est amoureux de ce style de beats, qui est sa signature, et ne se prive pas de nous le rappeler.


24. Take Em to Church (*) (feat. Juelz Santana & Un Kasa) (prod. Amadeus)

Le menu peut paraître fade et surfait mais Cam, avec sa touche personnelle, en fait un plat délicieux.


« Purple Haze » vient donc à point nommé pour marquer sa discographie d'un nouveau disque de platine, sacalisant par la même occasion sa vision du rap, que le MC ramène ici à son essence la plus élémentaire, j'ai nommé le 'show off', soit: style, flow, rimes (la forme donc, and that's it !).  Loin de lui de nous parler de problèmes existentiels, pour Killa Cam il n'est d'existence sans apparence, ce qui, d'un point de vue américain n'est en aucun cas péjoratif, mais plutôt synonyme d'un mode de pensée à la "Je suis le plus beau, le plus frais, le plus de thunes et j'vous emmerdes tous.". Individualisme outrancier diront certains, réalité sociale de ce début de ce troisième millénaire réfuteront d'autres, les plus malins prenant au sérieux ce qu'il y a à prendre au sérieux (pas forcément tout donc). Mais outre ces considérations éthiques, il y a quand m^me bel et bien un fait que personne ne pourra nier: cette incroyable prétention qui amène le MC à se décrire avec des adjectifs qu'il vient tout juste d'inventer, à utiliser le language non comme une arme mais une parure dorée aussi brillante que son flow grave et posé.   Alors, Cam'ron : génie novateur ou rappeur kitsch ? Comme d'habitude, la réponse n'est peut-être pas si tranchée. Cam'ron a créé un univers lexical trop singulier (si si) pour que l'on ne s'attarde pas sur sa musique. Mais il est également trop balourd, trop prévisible et trop "trop" pour être présenté comme le Jackson Pollock du hip hop. Avec ce quatrième LP, Cam'ron enchantera ses fans, mais ne convaincra pas les sceptiques. Malgré tout, et assez paradoxalement, Cam'ron livre là un album qui lui ressemble, jusque dans ses lourdeurs, ses outrances et ses foudroyances. Ajoutez à cela un hommage à Harlem (Purple Haze,  est une image représentant Uptown), et vous obtenez le film de Cameron Giles, le tout mis en forme avec une classe exemplaire. « Purple Haze » est sans aucun doute le meilleur album de Cam à ce jour, peut être même sa masterpiece. Un album qui n’est pas très loin de la perfection.

 

Beats:     Lyrics:      Originalité:

 

Note: ★★★★

 

Par Playboy_X - Publié dans : Chronique
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