Partager l'article ! The Inspiration: Thug Motivation 102, Young Jeezy: Date de Sortie: 12 Décembre 2006 Date d'enregistrement: 2005 / 2006 Durée: ...
Date de Sortie: 12 Décembre 2006
Date d'enregistrement: 2005 / 2006
Durée: 64 minutes 18 secondes
Label: Def Jam, Corporate Thugz Entertainment
Daaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaamn ! Bah ouais, comment vouliez-vous que je commence la chronique du nouvel opus de Young Jeezy sans balancer un petit « ad lib » comme notre snowman à l'habitude de le faire sur la plupart de ses morceaux. (la plupart ? Tous !) Je disais donc... Yeeeeeeeeeeeeeah! (Yep encore un « ad lib ») Un peu plus d'un an après que son premier album lui ai fait un nom dans la scène hip-hop, qu'il a défoulé le public en décrochant le disque de platine, le Tony Robbins du trafic de coke est de retour avec son second album ! Mais un défi s'imposait logiquement pour notre MC : confirmer, c'est-à-dire faire mieux ou aussi bien que le premier album, à la fois au niveau des ventes et au niveau de la qualité. Bref, vous l'aurez compris c'est l'album du « sa passe ou sa casse »,espérant donc pour lui (et nos oreilles) que sa passera.
1. Hypnotize (Intro) (prod. Shawty Redd) ★★★
Jeezy commence cet album par une intro aux accents sudistes, bourré d'ad lib, et au refrain mi-screwed mi-défoncé, où il s'introduit en formateur-préparateur attaquant son cours au tableau : « Class in session when I talk, now listen » .
2. Still On It (prod. Midnight Black) ★★★
On enchaine avec un dire dans la lignée musicale que l'intro, mélodie synthétissé, Jeezy usant de son flow si spéciale, et quelque sad-lib par ci, par là. On commence à être à cran, et se demander quand arrive l'avalanche de music dope.
3. U Know What It Is (prod. Shawty Redd) ★★★
Enfin un titre qui relève un peu le tout même si ce n'est qu'après plusieurs écoutes que l'on se retrouve vraiment saisi par le morceau. Gros morceau de trap-music qui nous annonce l'arrivée de la grosse livraison.
4. J.E.E.Z.Y. (prod. Shawty Redd) ★★★
Morceau qui vient ajouter la touche club dans ce début d'album, où il donne des conseils aux dope-dealer pour rester dans le dope-game de façon cynique, nourrie de cliché.(« Jeezy like to drink / Jeezy like to smoke / Jeezy like to mix Arm and Hammer with his coke / Jeezy love the trap / Jeezy 'bout the grind / Jeezy 'bout his paper / Cause Jeezy like to shine. »).
5. I Luv It (prod. DJ Toomp) ★★★★
L'album démarre réellement avec cette bombe street, avec un Young Jeezy maîtrisant l'instru à merveille avec son flow a l'âpreté du quotidien déspespérant du professionnel dont le boulot, avant de revendre sa marchandise, est tout simplement "de rester en vie". Le single assuré pour faire décoller les ventes.
6. Go Getta (feat. R. Kelly) (prod. The Runners) ★★★★
Single, gros single en vue ! où le Snowman et Kells nous signent vraiment une performance remarquable. Ceux qui ont aimé "Speedin" de Ricky Ross avec Kells (décidément présent sur tous les bons coups) ne pourront qu'apprécier.
7. 3 A.M. (feat. Timbaland) (prod. Timbaland) ★★★
Sur une instru titanesque et énergétique, Jeezy nous livre ici une bonne prestation ce qui ne vient donc pas déteindre son inspiration. Au passage il fait le point sur ses ad lib: « Ad libs here, ad libs there...Fuck It! Ad libs everywhere. »
8. Tha Realest (prod. Drumma Boy) ★★★★
« Street Banger » typiquement trap-music avec ses gros synthé accompagné d'une guitare qui donne encore plus de volume à l'instru, qui maintient l'intensité de l'album à un niveau très élevé.

9. Steet On Lock (prod. Cool & Dre) ★★★★
Nouveau « street banger » où l'on peut tout de suite remarquer à l'écoute la présence du duo de producteurs de Miami Cool & Dre derrière les commandes, qui permet à Young Jeezy sur une instru assez entraînante de nous faire étalage de sa street credibility, tout en parvenant à développer des lyrics simples mais efficaces ajoutés à des gimmicks qui donnent une dimension supplémentaire à la chanson.
10. Bury Me A G (prod. J.U.S.T.I.C.E. League) ★★★★
LA Tuerie de l'album ! Un titre street reprenant un sample de Donald French. Un shooting en skit complété un peu plus loin d'un faux flash info, une méditation sur sa mort , bref un titre plein d'émotion (« I should've kissed my mother…told her I loved her ») où Jeezy réussit à placer un peu d'humour (« they fucked around and fucked up my new white T »).
11. Dreamin' (feat. Keyshia Cole) (prod. The Runners) ★★★★
Jeezy poursuit sur la route de mélancolie accompagnée par la belle voix de Keyshia Cole, où il revient sur sa complicité sur la toxicomanie de sa mère.(« I almost put my hands on her when I caught her in my stash »). Jeezy exploit des terrains où on ne l'aurait pas attendu, et c'est tout bénef pour lui.
12. What You Talkin' Bout (prod. Mr. Collipark) ★★★
Ce morceau prouve, encore, que le rappeur de Def Jam innove dans cet album dans un registre où l'on ne l'attendait pas spécialement. Correct.
13. Keep It Gangsta (feat. USDA) (prod. Key Pusherz) ★★★
Un hymne à la rue et ses G's, au titre plus qu'explicite, qui correspond à une présentation officielle de ses accolytes par un thème désormais connu de tous. .
14. Mr. 17.5 (prod. Don Cannon) ★★★★★
Une tuerie qui montre une fois de plus que Young Jeezy parvient facilement à s'approprier un beat même s'il n'est pas de son style habituel pour en faire un son bien plus que convaincant. Un titre incontournable de Jeezy.
15. I Got Money (feat. T.I.) (prod. DJ Toomp) ★★★
Malgré un thème assez basique, lui et le King of the South se défendent bien sur cette instru taillé pour devenir un « street banger ». Convaincant.
16. The Inspiration (Follow Me) (prod. Anthony Dent) ★★★
On finit comme on commence, avec un morceau plutôt bon mais là, Jeezy surprend encore avec une instru inhabituelle manquant néanmoins de relief.
Young Jeezy nous prouve ici qu'il faudra compter sur lui pendant un moment encore et s'impose comme un poids lourd du rap sudiste dans le style de la "trap music", avec un album différent du premier sans pour autant constituer un véritable détâchement de celui-ci. Fidèle à son projet pédagogique, Young Jeezy livre sans faiblir seize morceaux d'exhortations et d'introspections gangsta directement inspirés des canons originels du genre gangsta-rap millésimé 1990s. Et, tout comme sur son album précédent, « Let's get it : Thug motivation 101 », il se montre particulièrement bon pour entrelacer son débit monocorde d'envolées mélodiques imparables. Les moyens ont été mis au niveau de la production, mais le Snowman assure la plupart de ses morceaux en solo, maintient un bon flow tout au long de l'album, balance toujours ses gimmicks et confirme les espoirs placés en lui. Et s'il n'image pas ses chroniques du cocaine game à la façon d'un Ghostface, s'il n'a pas l'agilité aiguisée des Clipse, Young Jeezy parvient quand même à toucher quand, par exemple, il évoque son destin amer d'enfant du crack devenu revendeur. Mais Young Jeezy n'est jamais meilleur que lorsque, sans trop se soucier de pathos ni profondeur, il déroule ce bagout surdimensionné qui ne manque pas d'impressionner par son monolithisme hypnotique. On n'a jamais été plus clair : la puissance de ces morceaux, et de ces artistes, réside effectivement dans leur étonnante capacité de fascination, par la grâce d'un refrain entêtant ou par leur puissance d'évocation matérialiste. Et le "NOW I COMMAND YOU NIGGAZ TO GET MONEY ! " de Young Jeezy est ici aussi évocateur que les panneaux de publicité subliminaux du génial « Invasion Los Angeles « de John Carpenter. A cette différence près que, là où Carpenter fustige l'aliénation spectaculaire, Young Jeezy la revendique.

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